Hoggar Institute

Réponse à Benachenhou

Tribune Libre - Sadi Saïd

En écrivant un livre sur le colonel Amirouche, je prolonge une conduite que je m’étais fixée de longue date : soumettre au débat les sujets qui, d’une façon ou d’une autre, impactent la vie nationale pour éviter que la rumeur, la manipulation ou les deux ne confisquent de dossiers majeurs dans la construction de l’État démocratique et social annoncé par Novembre et configuré à la Soummam.

C’est ainsi qu’il a fallu introduire la question identitaire et celle des droits de l’homme dans la scène algérienne à l’époque du parti unique avant d’intégrer la condition féminine et la régionalisation dans le programme du RCD. Un peu plus tard, on s’en souvient, j’ai invité à réfléchir sur l’avenir de la presse privée. Aujourd’hui, le temps est venu d’aborder lucidement la place et le rôle de l’histoire dans la vie publique et cela pour deux raisons. D’une façon générale, aucun pays ne peut indéfiniment esquiver ou escamoter son passé sans être rattrapé par la vérité ou pire, voir d’autres acteurs, plus ou moins bien intentionnés, structurer en lieu et place de la collectivité concernée les référents nationaux. Plus immédiatement, la nécessité de débattre de notre passé dans la transparence se justifie par le fait que, si l’on excepte le président Boudiaf qui assumait un début d’alternative, aucun chef d’État n’a proposé un projet soumis à des évaluations et assumé un bilan. Tous les dirigeants qui ont pris le pouvoir, qui par un putsch qui par des fraudes électorales, se sont construit un parcours de sauveur de la nation en assaisonnant notre histoire selon les appétits de leurs clans.

Les élites en question

J’ai choisi l’histoire d’Amirouche parce que le sort qui lui a été réservé est exemplaire des turpitudes algériennes. J’ai pu voir très tôt comment des hommes préparaient en pleine guerre le pouvoir de l’arbitraire et par quels procédés ils avaient volé et violé la conscience nationale en abusant de notre patrimoine mémoriel après l’indépendance. Le cas Amirouche offre l’avantage, si l’on peut dire, de mieux éclairer nos mœurs politiques d’avant et d’après guerre. Quinze jours après la sortie du livre, le succès en librairie ne s’est malheureusement pas accompagné de commentaires à la mesure de ce que nous sommes en droit d’attendre sur une guerre de libération aseptisée et qui, comme toutes les révolutions, eut ses épisodes de grandeur et ses parts d’ombre. Ceux qui se sont manifestés publiquement se répartissent en trois groupes : il y a des anciens maquisards, des intellectuels et des politiques. Passons rapidement sur les premiers dont la crédibilité et la légitimité ne sont pas les plus affirmées dans leur catégorie. Que répondre à quelqu’un qui déclare : «Saïd Sadi étant trop jeune pendant la guerre, il n’avait pas à s’immiscer dans le domaine historique.» ou : «Au lieu d’écrire sur Amirouche, Saïd Sadi aurait dû parler de Krim Belkacem.» On imagine bien que si le livre avait concerné le signataire des accords d’Evian, j’aurais eu droit à une interpellation tout aussi sèche pour avoir commis un écrit sur des hommes «se prélassant dans les palaces de Tunis ou du Caire au lieu de traiter de patriotes qui ont lié leur destin à celui de leur peuple». Ces polémiques n’ont d’intérêt que dans la mesure où elles soulignent la misère politique du régime qui emmagasine certains anciens combattants pour les actionner en cas de nécessité ; cette allégeance étant rétribuée par quelques prêts bancaires «non remboursables» ou d’autres avantages plus ou moins avouables. En disant cela, je souhaiterais convaincre que je ne cherche à accabler personne et que je ne saisis cette opportunité que pour mieux décoder les mécanismes du système algérien. Souvent inaudibles, les voix intellectuelles sont hélas réduites, pour une bonne partie, à la fonction d’indicateurs du sens du vent. Si l’on exclut l’exception notable de Yasmina Khadra, lui aussi sollicité, mais qui eut le mérite de s’interdire de commenter un livre qu’il n’a pas lu, on ne peut que déplorer la sortie de Rachid Boudjedra, pour lequel j’ai une estime sincère, quand il dit : «Saïd Sadi est un politique. Il assène ses vérités.» Outre mes analyses personnelles, j’ai construit mon livre sur des évènements, des témoignages et des documents. Ces éléments peuvent être vrais ou faux mais il n’y a pas beaucoup de place pour l’interprétation dans ce genre de situations. Mais ce qui pose problème dans les affirmations de Boudjedra, c’est cette tendance à soutenir des préjugés politiquement lourds de sens. Quand il avance qu’Abane a été tué par Krim et non Boussouf, il sait que cela est faux ; ce qui ne veut pas dire, par ailleurs, que le passage à l’acte de Boussouf n’a pas été facilité, voire encouragé par l’animosité que nourrissaient Krim et d’autres responsables envers Abane. Je peux croire pourtant que cette propension à suivre et relayer les modes ne participe pas d’une intention politicienne chez Boudjedra. Il n’en demeure pas moins, et nous le verrons plus loin, que ces complaisances sont récupérées et instrumentalisées. Restent les politiques qui se sont exprimés. J’en retiens deux : un membre de la direction d’un parti de la coalition gouvernementale proclamant sa proximité avec le clan d’Oujda et un ancien ministre qui a appartenu au segment noir du MALG. Le premier affirmant qu’il ne peut y avoir matière à débat puisque «l’histoire a tranché» est dans son rôle. Produit de la cooptation populiste qui propulse un parti créé trois mois auparavant au sommet de toutes les institutions par des méthodes que ne renierait pas le funeste Naegelin, il ne peut qu’espérer voir perdurer une histoire faite de fraudes, d’injustice et de prédation pour surnager politiquement. Si désordonnée et brutale qu’elle soit, la diatribe de l’ancien ministre publiée par le Quotidien d’Oran est paradoxalement plus utile pour l’analyse de l’impasse algérienne. Le titre «Basta » qui coiffait la page était à la fois une signature et un programme. Il ne s’agit surtout pas de tolérer une discussion ou un avis du bas peuple. Non, il faut que l’autre, extérieur à la secte, en l’occurrence Nordine Aït Hamouda, le fils du colonel Amirouche, se taise et se terre. Il n’a pas le droit d’exister et si on lui accorde une visibilité, c’est pour décréter qu’il est dément et, pourquoi pas, en appeler à l’ouverture des cliniques psychiatriques comme aux temps bénis du Goulag, On se surprend, devant tant d’impulsivité, à se demander si c’est le profil de l’individu, à l’évidence caractériel, qui a inspiré l’éructation ou les reliquats d’une formation dans une instance qui a cloîtré l’intelligence avant de la pervertir pour humilier et stériliser le pays. Mais ne faut-il pas être l’un pour servir l’autre avec autant de zèle et de cynisme ? Je ne sais pas, pour ma part, ce que j’aurais fait, une fois devenu adulte, si j’avais été à la place de celui dont on a voulu avilir le père avant de le priver de sépulture.

Le cynisme des oligarques

L’auteur de la fetwa du Quotidien d’Oranordonne et exige de ne plus jamais émettre la moindre critique sur Boumediène et Boussouf avant de remettre sans vergogne sur la table la tambouille du duo Godard-Léger, agrémentée de quelques tonitruants mensonges sur lesquels je reviendrai. Que nous dit Monsieur Mourad Benachenhou ?

1) Basta ;
2) Que celui qui ose s’exprimer après son oukase ne peut être qu’un individu frappé de folie ;
3) Qu’il interdit de parler de Boussouf et de Boumediène ;
4) Que c’est Boussouf qui a sermonné et obligé Amirouche à laisser sortir les étudiants à partir de 1958 ;
5) Que si le colonel de la Wilaya III a été tué c’est parce qu’il a éteint son poste radio sur lequel Boussouf essayait en vain de le contacter ;
6) Que s’il y a eu fuite dans le code ou la transmission, elle ne doit être imputée qu’à deux Kabyles, Krim Belkacem ou Mohamedi Saïd.

Qu’importe que le second soit en 1959 opposé au premier puisqu’il était déjà l’obligé du clan d’Oujda qu’il suivra d’ailleurs dans le clan de Tlemcen en 1962.

On est consterné par tant d’aveuglement de la part d’une personne qui a occupé les plus hautes charges dans l’Algérie indépendante et qui fut dans l’antre du pouvoir occulte avant l’indépendance. Si un homme s’autorise autant d’excès à un demi-siècle de distance et, qui plus est, dans une période où les Algériens ont malgré tout réussi à arracher un droit minimum à la parole en dépit de la censure institutionnelle, on ne peut qu’être saisi d’effroi à l’idée d’imaginer ce que des agents comme lui ont pu commettre à l’époque où ils officiaient dans l’impunité et loin de tout regard. En tout cas, il faut avoir de solides raisons pour étaler tant de haine et prendre le risque de s’exposer dans une démonstration aussi aléatoire qu’intempestive.

Qu’en est-il des affirmations de Monsieur Benachenhou ?

Pendant la guerre, le seul centre d’accueil des étudiants algériens était basé à Tunis. Je raconte dans mon livre comment et pourquoi Amirouche, qui n’était que commandant en 1957, c'est-à-dire une année avant les prétendues injonctions de Boussouf, l’a ouvert sur les fonds propres de la Wilaya III. Cela est un fait. S’agissant des messages interceptés, voici ce qui est écrit dans le point numéro 6 du rapport que portait avec lui d’Amirouche en allant à Tunis : «La Wilaya III n’a reçu que deux postes au mois d’août 1958, sans dépanneurs, alors qu’en d’autres wilayas, il existe des régions (la région est une subdivision de la wilaya) qui possèdent des postes émetteurs... cette carence tend à faire croire à une volonté de négliger la Wilaya III, ou à du régionalisme de la part tout au moins des responsables des transmissions.» Retenons donc, pour l’instant, que la Wilaya III ne disposait que de deux postes émetteurs lors du déplacement d’Amirouche. Or, au mois de décembre 1958, un des deux postes a explosé, déchiquetant les techniciens et blessant grièvement le commandant Mohand ou Lhadj et le lieutenant Abdelhafidh Amokrane (toujours vivant) à la suite de la mise en marche d’une batterie piégée par l’ennemi, destinée à éliminer Amirouche qui était à l’époque dans le Nord-Constantinois avec les colonels qu’il y avait convoqués. Nous savons aussi que le deuxième poste était resté à Akfadou puisque c’est sur cet appareil que Krim Belkacem, déjà en désaccord avec Boussouf, avait essayé de contacter Amirouche, parti depuis 3 jours, pour lui demander de changer de route au dernier moment. Monsieur Benachenhou sait pertinemment que le colonel Amirouche n’avait pas de poste émetteur quand il se dirigeait vers Tunis. Les messages captés par l’armée française émanaient des services de Boussouf qui a obligé ses agents à les diffuser à plusieurs reprises malgré leurs réticences. En bon agent du noyau dur du MALG, il doit aussi savoir que le 29 mars, à l’annonce de la mort d’Amirouche et de Haoues, Krim a déclaré à Tunis devant des témoins encore en vie : «C’est un coup de Boussouf et de Boumediene».Prétendre qu’Amirouche a été sermonné après l’opération des services spéciaux français est une contrevérité. Le colonel de la Wilaya III a demandé, dès les premières informations, de l’aide et une commission d’enquête au GPRA qui l’a félicité ; félicitations qu’il a récusées tant que des observateurs extérieurs à sa wilaya ne sont pas venus évaluer la situation. Les documents qui attestent de ces données existent. Nous pouvons reprendre une à une les allégations de Monsieur Benachenhou et les démonter. Mais le plus grave dans ses affirmations tient à cette allusion renvoyant à un postulat inlassablement distillé qui suggère qu’au cas où il ne serait plus possible de nier que le colonel de la Wilaya III a été «donné» à l’armée française, il faut imputer la faute à Krim Belkacem ou Mohamedi Saïd qui avaient été responsables de la Kabylie. Comme si, en la matière, la faille renvoyait à une question organique et non de transmission. La thèse est construite, rodée et appliquée. Dans un hebdomadaire arabophone, un autre ancien maquisard affirme, dans la même semaine, que ce sont deux moudjahidine kabyles, faits prisonniers le 28 mars 1959, qui ont donné leur chef et Haoues, oubliant que l’armada déployée par le général Massu était sur place le 25 mars, soit trois jours avant l’accrochage qui a coûté la vie à Amirouche et au chef de la Wilaya VI. Après «ce scoop», l’ancien patron de la gendarmerie, Ahmed Bencherif, argue que la séquestration des restes des deux colonels avait été décidée par Merbah (un autre Kabyle) et à son insu. La fable a ses cohérences, ses acteurs et ses objectifs. Krim a tué Abane, Mohamedi Saïd ou Krim ont donné Amirouche et Merbah a séquestré Amirouche avant de tuer Krim. Le tout sans que Boussouf ou Boumediène n’aient vu ou entendu quoi que ce soit. Les Kabyles s’entretuent. Il n’y a qu’à le faire savoir et… espérer ou, mieux, faire en sorte que cela continue. Voyez-vous Monsieur Benachenhou, si l’antikabylisme devait faire le bonheur de l’Algérie, notre pays, compte tenu de l’énergie que votre clan a mis à cultiver ce travers, serait au firmament des nations. Faut-il, dès lors, s’étonner, devant tant de perfidie, de voir des désespérés se réfugier dans des aventures sécessionnistes ? En ce sens, l’intervention de Monsieur Benachenhou ne peut être prise pour un témoignage visant à masquer un passé trouble. C’est d’abord et avant tout une manœuvre qui prend l’histoire comme levier pour maintenir l’asservissement de la nation par une oligarchie qui a détourné mémoire et destin algériens.

Monsieur Benachenhou,

Puisque vous assumez aujourd’hui encore les drames qui ont empêché notre peuple de s’accomplir, il est légitime de vous poser les questions qui s’adressent à un inculpé qui plaide coupable.

1er) Vous vous impliquez sans nuance en 2010 dans l’action de Boussouf, qui pouvait avoir l’excuse, si l’on ose dire, de la bonne foi stalinienne au moment où il planifiait et commettait ses exactions. Savez- vous ce que l’assassinat d’Abane a coûté à l’Algérie en termes politique et moral ?

2e) En tant qu’acteur fier du coup de force engagé par l’armée des frontières contre les maquis de l’intérieur et de son coup d’État contre le GPRA, première instance légale de l’Algérie contemporaine, pouvez-vous être sensible au prix humain de cette irruption et à son effet dévastateur pour le futur algérien : plusieurs milliers de morts au lendemain d’une guerre qui a saigné le pays et des affrontements fratricides qui continuent de déchirer la nation à cause de votre «pédagogie» de la conquête du pouvoir par le kalachnikov ?

3e) Votre basta peut-il valoir justification à l’exécution du colonel Chabani qui a laissé des séquelles qui ne veulent pas cicatriser, notamment chez les populations du Sud ?

4e) Qu’avez-vous tiré comme dividendes des assassinats de Krim et de Khider qui avaient le droit de vivre dans un pays qu’ils ont fait renaître et le devoir de contester un pouvoir dont les usurpateurs n’auraient jamais connu d’existence politique sans leur engagement et sacrifice ?

5e) Pouvez-vous nier que vous avez volé et caché pendant 20 ans les restes des colonels Amirouche et Haoues ?

Savez-vous ce que de tels crimes symboliques impriment dans l’âme du citoyen ? Les questions sont celles-là, Monsieur Benachenhou. Toute autre élucubration est vaine. Je pourrais continuer à l’envi la liste des conséquences de vos crimes, je dis bien crimes puisqu’en vous réclamant de ces abus un demi-siècle après leur commission, vous ne pouvez ni invoquer l’ignorance de leurs implications, ni la pression des conjonctures.

Monsieur Benachenhou,

Je n’ai pas écrit un pamphlet, je n’ai pas cherché à polémiquer. Je continuerai à inviter à débattre de tout ce qui peut faire avancer la réflexion et aider à construire la citoyenneté qui est le contraire de votre morgue.Mais sachons positiver : s’il fallait une raison de plus pour écrire ce livre, vous venez de nous la donner. Voyez-vous, Monsieur Benachenhou, la différence entre vous et moi, c’est que je ne fais pas de la politique pour préserver une carrière ; je me suis engagé pour apporter ma pierre à la construction collective d’un destin. Vous l’aurez compris, nous n’avons ni les mêmes valeurs ni les mêmes échelles. Vous investissez l’instant, je parle à l’histoire. Vous avez tué Amirouche et vous m’avez emprisonné et torturé. Vous avez gagné la bataille du pouvoir, nous avons gagné la bataille de la mémoire. Vous ne le savez pas : il n’y a pas d’autorité sans morale.

Saïd Sadi
29 avril 2010
 

Commentaires  

 
+1 #1 Abdelkader DEHBI 02-05-2010 16:28
Dans la polémique actuellement en cours, sur les circonstances de la mort du colonel Amirouche, suscitée par le dernier livre du leader du RCD, sous le titre : « Une vie, deux morts, un testament » et en conclusion de sa réponse à M. Benachenhou, M. Saad Sadi écrit :

« « Vous investissez l’instant, je parle à l’histoire. Vous avez tué Amirouche et vous m’avez emprisonné et torturé. Vous avez gagné la bataille du pouvoir, nous avons gagné la bataille de la mémoire. Vous ne le savez pas : il n’y a pas d’autorité sans morale. » »

Sous la plume d’un tout autre personnage que M. Saad Sadi, qui se donne ici au passage, des allures d’historien et même d’acteur de l’histoire – allant jusqu’à faire le parallèle entre la mort du Colonel Amirouche et les tortures qu’il aurait subies en prison – une telle conclusion eut pu paraître sublime. Malheureusement, M. Saad Sadi est très mal placé pour parler de morale, lui qui s’est rangé corps et âme, et sans état d’âme, aux cotés des généraux putschistes félons, qui ont pris le pouvoir en Janvier 1992, en foulant aux pieds la volonté souveraine du Peuple Algérien qui venait de donner une victoire écrasante au Front Islamique du Salut – aujourd’hui dissous. Bien plus, M. Saad Sadi a même déclaré avec dépit, devant l’échec électoral cuisant de son parti le RCD, qu’il s’était « trompé de Peuple »

Bien entendu, cela n’exonère en rien, les crimes perpétrés par les différents clans mafieux et corrompus qui se partagent aujourd’hui un pouvoir usurpé depuis Janvier 1992 et qui sont responsables de la grave situation de décomposition de notre société et de la quasi déshérence dans laquelle semble de plus en plus plonger notre pays.

Sauf que la vérité amère oblige aussi à préciser que, à l’aune des responsabilités politique et morale, les pseudo-démocrates du RCD, ni même ceux du FFS de M. Aït-Ahmed, n’ont absolument rien à envier aux partis supplétifs qui collaborent « directement » avec le pouvoir ; qu’il s’agisse du FLN, du RND ou du HAMS.

Mais revenons à la polémique soulevée par votre livre sur les circonstances de la mort du Colonel Amirouche, puis de l’incroyable « négligence » ayant conduit à conserver ses restes, des années durant, dans les caves du siège Central du Commandement de la Gendarmerie, sans que sa sépulture ait reçu les hommages d’un enterrement digne du grand héros qu’il fut. Pour vous dire ceci : 1.-/Hormis la frange ultra minoritaire et manipulée, constituée par certains aventuriers politiques jouant au grand jour, la carte atlantiste et sioniste de la dislocation de l’Unité nationale, il n’y aura pas grand monde, parmi l’écrasante majorité des citoyens algériens ordinaires, pour croire à la thèse de la félonie du défunt Président Boumédiène à qui on peut sans doute adresser beaucoup de reproches, sauf ceux de la trahison et la corruption. Quel dommage que la gratitude, entre autres vertus, ne soit pas le fort de certains, en particulier du Chef de l’Etat actuel, qui fut l’un de ses plus proches et qui n’a pas cru devoir descendre dans l’arène, pour défendre la mémoire d’un homme à qui il doit toute sa carrière. Au passage, avis aux petits faiseurs et défaiseurs de rois…. 2.- S’agissant de la « faute » ayant conduit à oublier sans sépulture, les restes du Colonel Amirouche, vous avez les moyens, vous et vos amis, d’exiger la mise en place d’un Commission nationale d’Enquête par devant laquelle devront comparaître tous les Officiers ayant successivement commandé le Corps de la Gendarmerie Nationale, depuis l’Indépendance. Ils sont tous encore vivants et ne sont pas au-dessus des lois.

Je n’aurais pas la cruauté de vous suggérer chemin faisant, de faire « réactiver » l’enquête sur les circonstances de l’assassinat du président Boudiaf. D’autant plus que certains personnages qui se trouvaient au centre de cette triste affaire, ont eu la bonne idée eux, de mourir.
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-1 #2 a mr dehbirafik staifi 02-05-2010 17:48
Dès que Said SADI, commet un acte politique comme un urticaire apparaissent des réactions d'allergie.

Vous avez qualifié Saïd Sadi de Janviériste comme s'il s'agissait d'un seul acteur de ce mouvement, alors que , rappelez vous ,il faut le dire que le peuple silencieux était de ce bord.

Vous terminez votre article en suggérant à Saïd SADI, de réactiver l'enquête sur l'assassinat de feu BOUDIAF. Avez vous oublié que SADI a failli payer de sa vie pour la marche vers la Présidence pour réclamer la Vérité sur l'assassinat de BOUDIAF, marche qui s'est quand même tenue dans un bain de sang. Étiez vous dans cette marche?

Mais arrêtons là notre réaction car de tous cos pores sort votre anti kabylisme qui ne laise aucune place au débat serein et sain. Je devine d'ici de quel bord vous êtes.
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+1 #3 Abdelkader DEHBI 02-05-2010 19:43
La technique est éculée depuis les années 60, tout algérien qui se dresse contre le berbérisme anti arabe et anti musulman ; qui défend l'unité nationale en dénonçant les plans séparatistes concoctés dans certaines officines parisiennes ; qui défend l'ALGERIANITE dans sa triple dimension amazighe, arabe et musulmane...etc est frappé de l'anathème d'anti kabylisme. J'ai 4 enfants d'un second lit dont la mère est kabyle à 100 % çà les amuse de voir leur père ainsi étiqueté.

Le Peuple algérien a deux seuls ennemis :

1.- le pouvoir usurpateur, corrompu et félon, en place ; 2.- la politique d'immixtion et de déstabilisation permanente de l'ancienne puissance coloniale.
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+1 #4 AMOKRANE 02-05-2010 20:13
DIRE QUE MR DEHBI EST UN ANTI KABYLE ME PARAÎT UN NON SENS; il n'est tout simplement pas du même bord que MR SAAdi même si mr DEHBI n'a point besoin d'avocat. Qd au livre dde SAID SAADi il va sûrement interesser les historiens...
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0 #5 Les histoires face à l'HistoireZineb Azouz 03-05-2010 11:39
Lorsque M. Saïdi s'exprime sur le colonel Amirouche et sur la « faute » ayant conduit à l'oublier sans sépulture, je retrouve de la continuité dans l'histoire de ce pays, même s'il ne peut s'agir ici de "faute".



Le problème n'est pas de soulever des interrogations (et même des accusations) sur la mort de Amirouche et de tant d'autres jeunes maquisards anonymes fusillés directement par les balles de l'ALN, on pourrait aussi se demander d'ailleurs si ce fût le fait du hasard que Benboulaid allume la petite radio piégée, ne serait que pour rester autour des radios et pourquoi pas des berbérophones.

Je reste pour ma part convaincue qu'un Amirouche aurait de toutes façons subi le même sort qu'un Chaabani (qui n'était, rappelons le au passage ni kabyle ni chaoui).



L'histoire de ce pays après avoir été enfermée sous les archives françaises et sous les bottes du pouvoir illégitime se retrouve maintenant entre autre entre les mains des frustrés de la politique, ceux qui n'ont même pas pu se faire élire dans leur propre canton, ou 'Tadarth".



Je ne cautionne pas la légitimité des écrits sur l'histoire selon le seul critère de la certification par les titres de chercheurs ou autres, mais lorsqu'un homme "politique" comme M.Saadi écrit des romans d'histoire, je m'inscris en faux et j'en veux bien sûr encore plus aux témoins qui se sentent obligés de défendre la mémoire et l'image des boumédienne et boussouf au détriment de la vérité.



Ce qui me dérange au plus au point, et non pas que je cherche à disculper ceux que je considère comme criminels et des dictateurs, c'est cette amalgame dangereux et ce raccourci lamentable par lequel saadi tente de régler ses comptes particuliers avec l'histoire et la révolution et par là même occasion avec ce peuple sur lequel il s'était déjà trompé.



Que l'on pousse la lâcheté jusqu'à laisser les corps sans sépulture et des tombes sans épitaphe est un phénomène qui ne devrait pas trop déranger la conscience du Dr Saadi, lui qui portait fièrement la bannière d'éradicateur et qui relatait sans gêne, presque en jubilant ses rencontres et ses familiarités avec des généraux "éclairés" de notre armée.

J'ai presque envie de dire que c'est trop facile aujourd'hui, de taper sur des belkheir et des boumediene maintenant que sans doute, ils sont livrés au domaine public.



Non on n'a pas le droit d'écrire l'histoire par morceaux !

Alors à quand monsieur Saadi un livre sur le mort de Maatoub ?



Zineb Azouz.
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0 #6 AMOKRANE NOURDINE 03-05-2010 13:32
@ Mr DEHBI je reste le plus souvent méditatif, aussi la plupart du temps agressé par ceux qui toute honte bue, à gauche ou à droite nous parlent de la REVOLUTION ALGERIENNE (dont les idéaux restent pourtant la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme). LOUISA HANOUNE ET SAID SADI qui touchent plus de trente millions de centimes (c’est vrai que c’est juste 3000 euros…) pour rien au monde ne démissionneront de leurs postes de députés. Lorsqu’on est super citoyens, alors que beaucoup d’algériens arrivent juste à survivre quelquefois vaut mieux se taire. Sans adhérer au programme du FFS mes pensées vont vers Mr HOCINE AIT AHMED l’un des pères de cette révolution algérienne : « LA VERITABLE ELITE POLITIQUE EST CELLE QUI FAIT PASSER TOUT AVANT LE Souci DE SOI »
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0 #7 L'OPULENCE A UN PÔLE C'EST LA MISERE A L'AUTREAMOKRANE NOURDINE 03-05-2010 13:37
@ Mr DEHBI je reste le plus souvent méditatif, aussi la plupart du temps agressé par ceux qui toute honte bue, à gauche ou à droite nous parlent de la REVOLUTION ALGERIENNE (dont les idéaux restent pourtant la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme). LOUISA HANOUNE ET SAID SADI qui touchent plus de trente millions de centimes (c’est vrai que c’est juste 3000 euros…) pour rien au monde ne démissionneront de leurs postes de députés. Lorsqu’on est super citoyens, alors que beaucoup d’algériens arrivent juste à survivre quelquefois vaut mieux se taire. Sans adhérer au programme du FFS mes pensées vont vers Mr HOCINE AIT AHMED l’un des pères de cette révolution algérienne : « LA VERITABLE ELITE POLITIQUE EST CELLE QUI FAIT PASSER TOUT AVANT LE Souci DE SOI »
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0 #8 LA RICHESSE A UN PÔLE LA MISERE A L'AUTREAMOKRANE NOURDINE 03-05-2010 16:25
Juste un ajout à mon dernier commentaire

Puisqu’il est question de LA REVOLUTION ALGERIENNE, mon défunt père ALLAH IRAHMOU (comme tant d’autres martyrs dont on ne parle pas) et qui m’avait aussi condamné pour mes LAISSEZ-ALLER en terre étrangère avait été MOUSSABEL condamné à mort torturé à la prison de Tizi-Ouzou et n’a été sauvé de la mort que par les avocats du FLN.

Et je reste là aujourd’hui sans assurances maladie à raser les murs quand je sors dehors
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0 #9 piripou 03-05-2010 23:20
mr dahbi je vous respecte de par vos écrits je présume que vous vouler utiliser le chemin le plus sage le plus conciliant pour ne pas blésser ni ce coté là,ni celui-ci.mais malheureusement pour construire un pays il faud que les vérités se dise.meme si pour vous boumediene ou boussouf ne commettre un tel crime,l'histoire est une elle le restera quelque soit omerta.sachez mr. dahbi que l'homme n'est ni ange ni bète et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bète.dans ce pays il faud intellectuellement arriver a faire sortir de ce pouvoir les anciens du MALG et leurs sbires pour enfin les assassinats politiques cessent.ils ont engagé le pays dans ce mode de gestion je pense qu'il faudra beaucoup de livres relatant la vraie histoire de notre révolution comme l'a fait said sadi,pour faire trembler les agents de la France aujourd'hui au pouvoir.je suis seulement désolé nos moudjahidine ne l'ont pas fait eux qui étaient acteurs de cette triste histoire comme d'ailleurs ils ne veulent rien faire devant l'ampleur des faux moudjahidine alors des famille révolutionnaires sont restées non reconnues a ce jour tandisque chaque jour que dieu donne ils voient devant leurs yeux des gens qui étaient pendant la guerre de l'autre coté touchant une rente moudjahid par ce que aujourd'hui ils sont de ce coté ci(pouvoir) non mr dahbi,il faud dire toutes les vérités et ce que said sadi a relaté nous le savons depuis tous le temps et il y'a plusieurs choses encore cachés.la révolution pour le changement passe inévitablement par ces vérités.merci
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0 #10 Réponse à Benachenhouthirga 04-05-2010 02:18
Benachenhou se manifeste dans le quotidien le Soir d'Algerie du 2 mai pour se plaindre d'etre la cible de régionalistes kabyles tout en convoquant la démocratie et la liberté d'expression contre la mise au point du Dr Said Sadi parue dans le meme quotidien suite à la sortie de Benachenhou dans le quotidien d'Oran sous le titre oukase Bastat! Mais la surprise de ceux qui suivent la polémique "dévoyée" et "décentrée" soulevée par la sortie du livre du Dr Said Sadi: Amirouche,une vie, deux morts, un testament est immense. Benachenhou se manifeste par une mise au point dans le soir d'Algerie le 2 mai ur un tiers de page et revient sur la mort d'Amirouche sur trois pages le lendemain et dans le meme journal! Ah,l'obsession! Cet écrit de Benachenhou (ou au nom de Benachenhou) sur Amirouche sort totalement de la problèmatique posée par Said Sadi qui au-delà de la vie d'Amirouche pose et interpelle la société sur le déterrement de deux chahids en 1963 et l'abandon de ces deux dépouilles pendant 20 ans dans les caves du commandement de la gendarmerie nationale de Bab Djedid!Toutes les sociétés contemporaines et anciennes condamnent les atteintes aux sépultures et à l'intégrité des morts. Benachenhou évacue par ses diversions propres aux émules de la langue de bois ces crimes qui relèvent de la démence. Mais de là à mettre des cadavres en prison, de plus deux chahids colonels de wilayate historiques tombés au champ d'honneur, interpelle tout un chacun.Rien d'étonnant à lire Benachenhou qui convoque les tortionnaires et assassins d'Algeriennes et d'Algeriens tels que le Captain Léger pour faire le procès d'Amirouche. Toute la question est là! Pour Benachenhou, il n'y a pas de "bleuite". De Oujda où il était planqué il ne voyait que le genie diabolique du mercenaire Léger et bientot d'Aussaresses et de Massu. Benachenhou fait dire ce qu'il veut au secretaire d'Amirouche Adjaoud mais refuse les témoignages d'Adjaoud sur la commission d'enquete créé par le conseil de wilaya. Mieux, il nous annonce des tmoignages objectifs, concordants en citant Ageron et ses épurations massives. Il prend à témoins Ali Yahia Abdenour qui aurait dénombré (?) 2812 suppliciés alors que ce meme Ali Yahia Abdennour est diabolisé quand il persiste à dénoncer 20 000 disparus et 200 000 morts pour que le clan d'Oujda garde l'Algerie en otage en 2010. Benachenou prend pour argent comptant et nous fait partager sa lecture de la bataille de Djbel Tameur par les légionnaires sauf qu'il met en doute la teneur des documents établis par la Wilaya III récupérés par les forces ennemies relatifs à la bleuite soit 542 personnes jugées dont 54 libérées et 488 morts. Le(s) rédacteur(s) de l'article du 3 mai au nom de Benachenhou se sont trahis encore une fois en écrivant que la mort d'Amirouche n'est qu'un simple hasard tragique de l'Histoire tout en affirmant plus "que les services de renseignements algeriens n'ont pas pu informer Amirouche qu'il avait été répéré sept jours avant sa mort". Autant dire une preuve de plus à l'accusation.

En attendant, Monsieur Benachenhou Mourad devrait nous expliquer comment et pourquoi Boussouf et sa secte ont fait assassiner le Capitaine Zoubir en se faisant aider par les troupes marocaines. Cet assassinat fut la cause du départ sur l'interieur du pays du colonel Lotfi que par simple hasard tragique (de la guerre?) était attendu au lever du jour sur les monts de Béchar comme ses freres El Houas, Amirouche à Jbel Tameur. Heureux les Martyrs qui n'ont rien vu.
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